Les précipitations



Auteur : Michel Desbordes
Date : novembre 2013

Irrégularité dans le temps


Le territoire des garrigues est essentiellement soumis au climat méditerranéen. Ce climat se caractérise par la très grande variabilité des précipitations dans le temps et l’espace. Sur des durées allant de quelques minutes à l’année, les précipitations au sens statistique sont très irrégulières. L’utilisation de moyennes arithmétiques pour estimer des ressources en eau en climat méditerranéen peut être source d’imprécisions significatives. À Montpellier, par exemple, station pour laquelle on dispose de données anciennes, sur la période 1820-2010 (181 ans), le maximum observé a été de 2 150 mm en 1876 et le minimum de 260 mm en 1850. Cette irrégularité des précipitations est à l’origine des paysages agricoles méditerranéens qui, sans irrigation artificielle, abritent essentiellement de la vigne, des oliviers ou des céréales peu consommatrices d’eau ou se satisfaisant de ce régime des précipitations.

Inégale répartition dans l’espace


Les pluies sont aussi inégalement réparties dans l’espace. Elles évoluent de moins de 700 mm par an pour le secteur de la Gardiole proche de la mer à 1 100 à 1 200 mm pour les stations proches des massifs montagneux. D’une manière générale, les précipitations croissent avec l’altitude. La station de Saint-
Maurice-de-Navacelles, à l’ouest du Massif de la Séranne, en limite ouest du territoire, avec une altitude de 581 m, enregistre la moyenne la plus élevée (de 1 440 à 1 540 mm suivant la période d’observation).

Faible nombre de jours de pluie


Une autre caractéristique des précipitations du climat méditerranéen est le faible nombre moyen de jours de pluies significatives par an.Pour les stations de Sète, Montpellier et Nîmes, on compte respectivement, en moyenne, 30, 33 et 36 jours par an de pluies supérieures à 5 mm. La durée moyenne des précipitations annuelles est environ de 400 à 450 heures soit de l’ordre de 4,5 à 5% du temps contre, par exemple, 780 heures à Paris et 1 380 à Brest (15,8% du temps).

Persistance des années de sécheresse et intensité des pluies


Deux autres caractéristiques du climat local ont un rôle important sur les ressources en eau. Il s’agit, d’une part, d’une tendance à l’occurrence de séries d’années de sécheresse (1942-1950 ; 1955-1959 ; 1980-1985...), durant lesquelles les précipitations annuelles sont très inférieures aux médianes. Cela pose de très sérieux problèmes au développement agricole sans apports de l’irrigation, mais également au maintien des équilibres hydrologiques des milieux aquatiques. Il s’agit, d’autre part, des épisodes de pluies intenses, se manifestant principalement à l’automne (pluies “cévenoles”) entraînant des ruissellements rapides vers la mer et occasionnant parfois des destructions dans les terres agricoles et les secteurs urbanisés.

Les pertes


Une partie des eaux de précipitations retourne dans l’atmosphère, soit par évaporation directe, soit par transpiration du fait de la consommation par la végétation ; à l’échelle du territoire, ces deux mécanismes sont indissociables. L’ensemble du phénomène est dénommé évapotranspiration. Comme il
n’est pas possible de mesurer directement les quantités d’eau évapotranspirées sur un territoire donné, différentes méthodes de calcul, plus ou moins complexes, permettent d’en faire l’estimation à partir de données climatiques (température de l’air, rayonnement ou durée d’insolation, humidité de l’air, vitesse du vent), à différentes échelles de temps. Les stations météorologiques calculent ainsi une “évapotranspiration potentielle” ou ETP, qui permet d’évaluer les besoins en eau de culture, et donc d’évaluer les apports d’eau à leur fournir par irrigation. Ainsi, à la station de Montpellier- Fréjorgues, sur la période 1951-2004, l’ETP a été en moyenne de l’ordre de 1 180 mm, c’est-à-dire supérieure aux précipitations moyennes annuelles à cette station qui, sur la même période, ont été de 701 mm.
Les pertes effectives correspondent à l’évapotranspiration réelle ou ETR, notablement inférieure à l’ETP, car limitée par la disponibilité en eau pour la végétation. Des formules empiriques permettent d’approcher cette ETR à partir de données climatiques, en tenant compte de la réserve en eau des sols et des formations superficielles, et tout particulièrement de l’épikarst*. La végétation naturelle des garrigues est ainsi armée pour faire face aux longs épisodes de sécheresse. Quoi qu’il en soit, l’ETR moyenne annuelle est rarement inférieure à 500 mm et souvent proche de 600 mm, c’est-à-dire à plus de la moitié des précipitations annuelles sur le territoire. Cette proportion de pertes par rapport aux apports des précipitations est nettement plus importante (70 à 85% selon les sites et les années) que pour l’ensemble du territoire national (60%), d’autant plus qu’elles sont concentrées sur plusieurs mois. Ces conditions particulières aux régions méditerranéennes font du territoire des garrigues un espace semi-aride.


Calculer la ressource en eau


Comment calculer la ressource en eau d’un territoire tel que celui des garrigues ?
Les ressources renouvelables d’un territoire sont constituées par les précipitations (concept d’eau “bleue”) diminuées, sur une même base de temps (généralement l’année, parfois le mois ou la saison), des pertes par évaporation des sols et des plans d’eau superficiels et par évapotranspiration des végétaux naturels ou cultivés (concept d’eau “verte”).




Cartes et illustrations

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Précipitations

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Pluies annuelles

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Records de précipitations cumulées

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Calcul de la ressource en eau

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La Déridière - affluent du Lirou - bassin versant du Lez

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La Cèze aux cascades du Sautadet

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Marquage de différentes crues du Vidourle à Quissac