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Les mammifères des garrigues...




Auteur : Françoise Poitevin et Régis Gallais
Date : novembre 2013

Le territoire des garrigues abrite 32 espèces de mammifères (hors chauves-souris) :
  • 5 Insectivores (Hérisson, Taupe d’Europe, Crocidure musette, Crocidure des jardins et Pachyure étrusque) ;
  • 16 Rongeurs (Souris à queue courte, Souris domestique, Mulot sylvestre, Campagnol agreste, Campagnol provençal, Campagnol roussâtre, Campagnol des neiges, Campagnol amphibie, Rat noir, Surmulot, Lérot, Loir, Écureuil roux, Castor, Ragondin et Rat musqué) ;
  • 2 Lagomorphes, (Lapin et Lièvre d’Europe) ;
  • 7 Carnivores (Genette, Belette, Fouine, Putois, Renard, Blaireau, Loutre) ;
  • 2 Ongulés, (Sanglier et Chevreuil), soit 70% des espèces présentes dans la région Languedoc-Roussillon.
L’originalité de cette faune réside dans la présence de plusieurs espèces qui affectionnent les terrains caillouteux et secs. Le Campagnol des neiges (Chionomys nivalis) qu’il conviendrait de nommer “Campagnol des rochers”, trouve dans la garrigue des milieux qui lui conviennent. Ce campagnol occupe le sud-est de la France, des plus hauts sommets des Alpes et des Pyrénées, jusqu’au niveau de la mer (massif de la Gardiole). Dans la garrigue à Chêne kermès, on rencontre aussi la Souris d’Afrique du Nord ou Souris à queue courte (Mus spretus). Plus petite que le Mulot sylvestre, elle aurait gagné la région méditerranéenne française à partir de l’Espagne au Néolithique. L’ouverture des milieux par l’Homme a créé des biotopes favorables à la colonisation du territoire des garrigues par cette espèce.
Parmi les rongeurs forestiers, l’Écureuil roux (Sciurus vulgaris) était rare et localisé au XIXe siècle dans le bas Languedoc, il a ensuite recolonisé ce secteur à partir des Cévennes et de la Montagne noire. Il en est probablement de même pour le Campagnol roussâtre (Myodes glareolus), qui est encore relativement peu abondant dans les garrigues.
Il n’existe pas à proprement parler de carnivore particulier aux garrigues ; la Genette est certainement la plus inattendue. Discrète, elle laisse des indices caractéristiques de sa présence, des crottiers. Ces crottiers sont le plus souvent situés sur un rocher ou une falaise, et utilisés par plusieurs individus. Ils servent à la communication entre individus.
La présence des fleuves (Hérault, Vidourle Lez, affluents en rive droite du Rhône : Gardon et Cèze) amène tout un cortège d’espèces liées à l’eau et aux ripisylves. Ces cours d’eau jouent le rôle de corridors et contribuent à la progression d’espèces hautement patrimoniales comme la Loutre, le Castor ou encore le Campagnol amphibie. Première espèce protégée de mammifère en France (1909), le Castor (Castor fiber) a recolonisé tous les affluents du Rhône grâce à ces mesures de protection. L’histoire de la Loutre européenne (Lutra lutra), est quelque peu différente. Largement distribuée dans tous les cours d’eau et les zones humides, elle en a disparu dès les années 1950. Une petite population a trouvé refuge en Camargue jusqu’aux années 1980. Actuellement, la Loutre recolonise les différents cours d’eau. Depuis 1993, on peut trouver des signes de sa présence sur la Cèze et ses affluents et, depuis le début des années 2000, sur le fleuve Hérault. Les Ongulés sont aussi très présents sur le territoire des garrigues. La fermeture progressive des milieux permet aux deux espèces que sont le Sanglier (Sus scrofa) et le Chevreuil (Capreolus capreolus) de se développer et de coloniser depuis les Cévennes et la Montagne Noire de nouveaux espaces.

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